Alors combien j'ai pris de photos ?
Indice : le dossier Japon pèse 22 GO.
Quitter Honshu pour Shikoku, la meilleure idée du monde.
Alors combien j'ai pris de photos ?
Indice : le dossier Japon pèse 22 GO.
Quitter Honshu pour Shikoku, la meilleure idée du monde.
J'ai du temps, le check-out est à 12 AM.
J'ai nettoyé, passé un coup de serpillère, a priori c'est propre.
Je repense à Naty qui aime les gratte-ciels, c'est pas que je les aime pas, c'est quand ils tombent que je n'aime pas.
Les twin towers à New York, les immeubles à Kobé, moi, j'admire, la preuve je prends en photo mais je n'ai aucune confiance dans des normes qui à chaque fois se font battre par des humains ou la nature.
Comme dit Marie, ils ont une sacrée confiance dans leurs normes antisismiques et pour avoir vu Kobé en 1995 et Fukushima en 2011, ils ont tort.
J'ai la conviction qu'à vouloir jouer au plus malin, on trouve toujours plus malin que soi, appelez ça de la superstition si vous voulez.
En juillet le séisme à Kyushu a fait plus de quinze morts, c'est beaucoup dans un pays où tout est prêt pour le big one, mais je vous avoue que je ne suis pas tentée par l'expérience d'un séisme coincée dans une cage d'ascenseur à 400 mètres du sol.
Non, mes délires sont moins fous, venir seule au Japon pendant trente-cinq jours.
Et vous savez quoi ?
RAS ! I am alive and I come back. Tomorrow
Personne ne me parle de mon jeu des plaques.
Et bien y en a pas ici !
Quelle déception !
Uniquement celle d'Hachiko.
C'est bien la peine d'avoir cinquante couleurs pour ses lignes de métro, et même pas une petite plaque sympa à se mettre sous la dent.
Déçue je suis !
Retour aux sources.
Et après plus d'un mois de présence en territoire nippon, je ne suis plus impressionnée par le monde, il n'y a pas la fatigue du voyage non plus.
Je prends un énième métro et je vais boire un café, un vrai. Le café et moi c'est une grande et belle histoire d'amour, je l'aime tel qu'il est et lui ne s'embarrasse pas du vocable local : "americano", "latte", "ice coffee".
Pour le coup c'est très surprenant de demander un café et d'expliquer que vous voulez juste un expresso.
Bon, cessons ces considérations triviales et passons à ce qui vous intéresse, de jolies toitures courbes.
Déjà, je vous mets le plan, parce que moi, je déambule sans logique.
Je me suis promenée entre les différents monuments, chaque statue a son urne, j'ai vu les releveurs de sous, je vous dis pas, ils ont un chariot pour récupérer les kg de pièces.
Ok, cent ¥ c'est rien, quelques centimes multipliés par des centaines, je dirais que Senso-Ji est une affaire qui marche.
C'est pour ça que je préfère le sanctuaire à côté, moins monétarisé ?
Une boutique encore fermée quand je suis passée, je n'ai pas résisté aux volubilis rouges.
Des toitures qui auront largement participé au dépaysement.
Les chiens lions, en pierre, en bronze. Quelque soit la matière, ils sont topissimes.
Le pékinois est leur portrait craché.
Une surprise, le très grand nombre de statues de bronze dans l'espace public japonais, dans les parcs.
L'eau, omniprésente, sous toutes ses formes, moi, je la préfère en rivière, ici une fausse cascade. Ou une vraie source aménagée, il est difficile de démêler le vrai du faux ici.
Et Bouddha qui contemple intérieurement sa réussite !
J'avoue que le côté "marchands du temple" me gêne considérablement.
Reiko me l'avait dit, je l'ai constaté.
Une spiritualité monétisée, bof, bof, Bouddha a chu de son piédestal.
La galerie commerçante juste à côté, c'est là que j'ai pris le couteau pour Gab, un vendeur lyonnais, un jeune tombé amoureux du Japon.
Et devinez quelle région il préfère ?
C'était une évidence : Shikoku !
Un côté très vieillot, et sale il faut le dire.
Moi, le premier qui me dit que le Japon est un pays propre, j'ai les photos !
C'est vrai pour les villes plus petites mais à Tokyo, si je prends un euro par déchet trouvé, je suis riche en une seule rue !
Repas du midi ? sandwich à l'œuf et au thon, ça va le faire !
Demain, je regagne Haneda et je repars (déjà) mercredi, cela fera trente-cinq jours sans voir la terre, pull rayé, ... Vous connaissez la rengaine !
Donc je vais là où ça a commencé.
Je boucle mon séjour, je retourne à Asakusa, prononcé Asksa dans le métro, faut être attentif pour reconnaître et le dire comme ça, sinon, on ne vous comprend pas.
Maintenant je sais.
Mais avant de vous remontrer les temples de Senso-Ji.
Un petit détour par la Tokyo Skytree.
Très haute avec un point de vue accessible, vous imaginez bien que là, j'ai jeté l'éponge.
J'ai dépassé mon quota de c*** faisables en un seul voyage, monter à plus de six cents mètres et mettre mes petits pieds sur du vide ?
Non, mais vous délirez grave les enfants !
J'ai le vertige rien qu'à la regarder d'en bas !
Par contre, la voir noyée dans des brumes de chaleur c'est magique, elle apparait puis disparait, j'adore ces paysages de ciel qui changent.
Je descends au bon arrêt, je suis au pied de la tour mais toujours dans le métro, en fait dans l'immeuble adjacent.
L'immeuble a de très jolis jardins en terrasse, ça me distrait de la hauteur de la bête.
Hors de question de manger des sushis ou des sashimis, c'est non négociable mais du poisson pané, oui.
Je trouve un petit restaurant, le patron me conseille ce menu.
Je le suis.
Au cas où, je prends une bière.
J'en aurais donc bu cinq en trente-cinq jours, j'ai battu mon record.
La bière a un intérêt, si c'est imbouffable, l'amertume éteint les papilles touchées, piment, mais il n'y en a pas, sel, sucre...
Et je reçois donc ça. Le riz est bon, comme (presque) à chaque fois.
Un bloc de tofu nature avec une pincée de gingembre râpé. Sous les poissons panés, du chou râpé fin, une petite salade, des pickles et une soupe de poisson.
Ça c'est pas possible, parures et peau dessus, ça me dégoûte, j'ai tenté le bouillon, mais non, impossible.
Je mange le reste, les poissons panés sans arrête sont très bons, le chou est frais, ça fait du bien de le manger.
Mais à quoi sert le tofu ?
J'ignore son rôle dans ce menu.
Ce que j'ai mangé était bon, mais l'odeur de la soupe, beurk ! !
Et j'ai pas de chance, c'est fermé.
Les horaires des boutiques, c'est parfois aléatoire, matin, après-midi, soir ...
Le crachin c'est quand même un plus pour un jardin.
Pas pour prendre des photos je vous l'accorde mais les feuilles brillent, elles sont plus propres.
Moi, quand il pleut, je suis sous la pluie, sous l'orage, pieds nus.
Vous savez comme j'aime les temps orageux et leurs parfums d'ozone et de pétrichor. Cherchez pas j'adore ce mot, un nom de Dieu grec ...
Donc le musée a un jardin magnifique en deux parties dans la conception.
Une partie soi-disant anglaise, mouais, une vision du jardin anglais qui n'est pas la mienne.
Et une partie plus classique de jardin à la japonaise.
Ce qui me tue c'est que pour vendre des takoyakis, ils vont me mettre une enseigne grande comme une baleine, kitsch au possible.
Mais la plupart des musées a ce type de plaque, beaucoup trop discrète à mon goût.
Si je suis très fan des jardins, je le suis nettement moins des mélanges des genres, statues et plantes.
Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, ça me gêne.
Les cèdres se prêtent bien à cette mise en scène.
J'en conclus que Pythagore et Thalès étaient des Japonais avant la lettre.😂
Le choix des arbres est important mais ce n'est pas la taille qui est privilégiée.
Avec les grands arbres et des troncs larges on obtient un superbe effet visuel.
Brute, force, imposant.
Que l'arbre soit isolé ou en bosquet.
Prendre à contre-jour met en valeur leur silhouette. J'adore !
Mais ce que je préfère c'est ça. La finesse par rapport à la force.
La finesse de la branche qui se tortille.
Les massifs sont assez simples, taille en boule, au printemps les azalées fleurissent et vous avez des boules de coton rose dans le jardin.
Bon, après le crachin, le miam !
Journée de challenge, vous allez vite comprendre.
Il faut un bel écrin et quoi de mieux qu'un palais art déco ?
L'art déco c'est quand même la redécouverte de la ligne droite après toutes les courbes de l'art nouveau.
Le palais présente donc des aspects immédiatement reconnaissables de ce style.
Surprenant pour les Japonais, mais pour nous, on a tous vu des cheminées années trente, on connait les lustres, les découpes.
Moi, je me suis concentrée sur les lustres justement.
Cherchez pas, une fixette sur les lumières sans doute dans un pays où une fenêtre est nécessairement voilée, occultée... Bref, devient un pan de mur.
Dès l'entrée, on est accueilli par un "mur" de verre dépoli, Lalique.
En fait, il y a trois silhouettes féminines, sauf que j'ai une gentille Nipponne qui prend la place de celle de gauche. C'est donc une porte condamnée pour la mise en œuvre des expositions.
Ce que j'aime c'est encore ces contrastes entre le bois qui s'assombrit en vieillissant et le verre qui laisse passer une lumière adoucie.
Au-dessus, une coupole qui laisse entrer la lumière mais par le haut.
Au sol, des petits carreaux, c'est pas la teinte que je préfère.
Je continue la recherche de l'éclairage, oui, j'ai peut-être pas la lumière à tous les étages 😂
Mais celui-ci est particulièrement original.
C'est énorme, parce qu'il y a deux pièces comme ça au plafond, plus d'un mètre de long.
Grilles de chauffage décorées de poissons, cheminée.
Pour moi, le plus beau, taille émeraude, ce carré à pans coupés, des vitraux colorés, suspendu par des chaines, j'adore.
Bon, il faut une maison avec des plafonds d'au moins trois mètres cinquante pour que ça rende bien, mais ce n'est qu'un petit détail.
En haut de l'escalier principal qui dessert les chambres, bureau, dressing room (?), cette colonne-lampadaire, magnifique, avec l'amorce du motif dans l'escalier.
Le bureau du prince, et là, j'avoue qu'autant les luminaires art déco font mon bonheur visuel après Shibuya, autant je trouve ce bureau lourd, pourtant ce sont des courbes mais je le trouve trop massif, pas mon style.
Non, les enfants, pas de Ikéa non plus, légèreté, transparence...
Le verre dépoli c'est quand même quelque chose. La boule façon soleil au bout d'une tige, il y en a eu partout, administrations, hôpitaux...
Remplacer par des bêtes néons et maintenant des led.
Un style chasse l'autre. Et parfois, il faut dire que c'est dommage.
Attention, il ne s'agit pas non plus de vivre dans un mausolée intouchable, mais justement une touche de ceci, un soupçon de cela, c'est ce qui donne une âme à une maison, un vrai style qui correspond à ses habitants.
Moi, ma maison c'est le style HLM années cinquante, inutile de dire que je suis au niveau -20 de mes goûts mais elle est fonctionnelle et me correspond, bordé*** mais c'est la nature du Rousseau de l'être, avec quelques pièces anciennes et notamment en matière de vaisselle.
Ça c'est vraiment ce que j'aime, vaisselle en porcelaine, verre à pied en cristal.
Tous les jours.😍
C'est mon côté Pompadour ...😂
Tout ça pour dire que je n'aimerais pas vivre dans ce palais, mais j'admire cet effort de préservation, comme nous avec Versailles.
L'étoile en trois D, avec les crochets, c'est superbe, un peu petite pour la pièce mais quelles couleurs.
On retrouve le motif de l'escalier sur du verre cathédrale.
Encore une belle suspension, verre/cristal et pendeloques.
Alors la tour que je vois depuis mon studio n'est pas la Tokyo Tower mais la Skyt
ree.
Deux tours pour la même ville, ils exagèrent un peu.