Et bien on va voir quelque chose qui ne peut pas vous décevoir.
Au nord d'Osaka, il y a le parc Minoh, réputé pour une cascade au fond d'une forêt.
Une forêt pour se remettre de sa déception gustative, no problem, il faut juste y aller et en revenir.
Ce matin, à 6h, je suis au desk avec l'équipe de nuit, ils sont super gentils et très efficaces.
Alors celui qui parle français a très bien retenu que le métro c'est une histoire d'amour impossible sauf à être très clair.
Avec sa collègue, ils m'ont fait un mode opératoire aux petits oignons, se perdre pour y aller, c'est de la mauvaise volonté.
Gros challenge toutefois: je vais enchaîner, pieds, métro, pieds en sous-sol, train et train.
Dit comme ça on se dit, ouais, elle exagère...
Deux changements, c'est que dalle ...
Venez voir la ville sous la ville et vous comprendrez mieux.
Là, je viens de comprendre que le nom de l'arrêt quand je reviens n'a pas d'importance, c'est le nom du quartier qui apparait et pour savoir dans quel sens prendre, il faut chercher le nom de ce quartier, de 1 à 16, c'est dans un sens et de 17 à 30 c'est dans l'autre, moi, c'est 17.
Je suis bien rentrée pour ceux qui s'inquiétaient.
Derrière mon hôtel, je passe devant cette maison ?
L'entrée du métro est cette fois dans l'immeuble.
Je prends donc mon métro à l'arrêt Yodoyabashi, ligne Midosuji, il y a quatre autres fournisseurs sur les métros d'Osaka, moi, je suis ce fournisseur. Je descends à Osaka-Umeda, je traverse la gare souterraine en diagonale en suivant la ligne Hankyu, je monte dans le train direction Ishibashi Handai-mae et une fois dans ce train, je descends pour prendre le train pour Minoh, terminus !
Pourquoi c'est si complexe ? Parce que les lignes de métro sont toutes en concurrence, à chaque arrêt, la madame du train vous remercie d'avoir choisi la Hankyu line...
En attendant, en une demie heure, c'est plié, je suis à la gare de Minoh, reste à trouver l'entrée du parc.
D'accord, la gare est petite, mais l'OdT ouvre à 10 h, il est 7h et des brouettes, je vais pas attendre.
Et coup de chance, près du poste de police, il y a une carte.
La gare est au point de départ du parcours.
La suite après le dodo... Comme tatie Véro me connait par cœur, deux heures de dodo et hop, en forme.
Donc le chemin vers la cascade cachée commence par trouver de l'eau.
En voilà déjà, canalisée mais bruyante.Qui dit cascade, dit chute, dit hauteur, dit "tu vas encore crapahuter !".Tous les chemins nippons me conduisent à des marches, des rampes...
Soit j'ai un karma qui ne revient pas au Dieu du rez de chaussée, soit il est dit que le japon n'est pas un pays plat.
C'est plutôt ça...😂
Toutes les personnes qui me doublent, courent, sont vêtues de tenues sportives, même les mamies.
Moi je suis en claquette et en robe, je marche à l'allure d'un escargot de retour de nouba, mais toujours un pied après l'autre.
J'ai le temps, je me balade.
Et je choisis toujours le chemin de gauche, sauf qu'il grimpe un peu plus.
Un panneau qui indique clairement le chemin et les distances.2,4 km pour y aller, la même chose pour en revenir, vous ne croyez quand même pas que je vais courir ?
Je ne cours déjà pas pour attraper un bus, un métro, un train, alors une cascade...
Elle sera toujours à la même place quand je vais arriver.😇
Moi, je profite, de l'ombre, des paysages, de la fraîcheur même si je dégouline, il fait encore 34°C. Le chemin grimpe mais les paysages sont magnifiques.
Reposants, le bruit des cigales progressivement diminue, c'est d'un calme.
Et puis il y a les arbres.
Sauvages, non domptés, ok, mais ils en remontrent tous les jours aux autres, ceux des jardins.
Je crois que les "plum trees", utilisés dans les jardins japonais sont des mélèzes.
La montagne est orientée à l'est, je sens que ça va être une partie de plaisir de photographier.
Et bien, non, aucun souci, ils veulent eux-aussi leur heure de gloire.
Les gens montent, marchent, courent vers la cascade et ne voient même pas ces merveilles de la nature.
Trente mètres de ligne droite ! On pourrait croire que c'est fait exprès, mais les plantations réalisées sont des érables qui virent au rouge à l'automne.
Alors quand j'étais petite, j'adorais grimper aux arbres jusqu'à ce que je tombe et me casse la clavicule, franchir un gouffre sur un tronc tombé, façon Indiana, quel plaisir !
Bon, je ne tente rien, les fleurs coûtent cher de ce temps...
Le chemin se poursuit, je croise des chiens, tout petits qui dorment dans leur poussette quand leurs maîtres avancent...
Pour maintenir l'attention, des ponts ont été aménagés.
Toujours cette élégance, le mélange de lignes droites et torturées.
On croise un temple, un de plus.
Des maisons sur la berge, d'auteurs, de marchands de souvenirs, ...
Un minuscule food struck qui passe.Quand on arrive c'est magique, mais la présence de bancs, de pas mal de monde déjà est un peu pénible.
J'avoue avoir espéré une chute dans l'eau avec tous ces selfies, mais même pas !
Quel dommage 😏
Pas bien, Isa..
C'est superbe, c'est pas Niagara, mais c'est une très belle chute d'eau dans un écrin vert en ce mois d'août.
Il sera rouge d'ici un mois, un mois et demi.
Je suis assise, une heure. Ce qui me sidère ce sont les joggers, ils arrivent, soufflent, s'étirent, jettent à peine un zieu et repartent.
C'était bien la peine de courir pour arriver là.
Il est 9h30, les gens commencent à arriver, moi, j'ai vu assez de monde pour le moment, je prends mon sac et je repars mais je change de rive.
Pas bête, je verrais autre chose.
Déjà je vois cette petite dachhund, LE chien rêvé de Claude, tous les pilotes de F1 en ont, mais Claude, tu n'es pas une pilote de F1.
Celle-ci se nomme "Happy" et ne suit des yeux que sa maîtresse !
Et comment que je sais qu'elle se nomme "Happy" ?
Ben, il suffit d'écouter, même le nippon choisit des noms classiques pour son chien.
J'ignore le nom de celle-ci, le maître n'a pas ouvert la bouche, moins facile de lire les pensées...Et en redescendant, le paysage change, le soleil a tourné, les verts sont encore différents.
Et tout à coup, un attroupement sur le bord de la rivière, non, ce n'est pas un chanteur quelconque de jpop.
J'ai la chance de voir en vrai un monstre de manga : une andrias japonicus.
Ça a tout de suite plus de gue* en latin.
C'est donc la salamandre géante japonaise.
Ça a la couleur des cailloux, ça veut ressembler à des cailloux, mais c'en est pas !
Une dame a pris une vidéo, on la voit sortir de l'eau puis se lover contre le bord de la pierre.
C'est très gros, rien avoir avec les salamandres françaises noires et jaunes.
C'est là que le latin est super pratique, un monsieur, sans doute très connaisseur des espèces me sort le nom latin de la petite française et m'explique en anglais que cette rivière en a plusieurs, des géantes.
Cet animal devient rare, la qualité de l'eau ne peut pas être un détail, c'est vraiment une question de vie ou de mort pour cette espèce.
Je suis très fière d'avoir partagé un moment avec mes hôtes nippons.
Avant la fin de ma balade, je fais un arrêt, deux en fait.