vendredi 31 juillet 2026

Petit tour à Uchiko

 Mon hôtel a sans doute tous les défauts du monde, mais les gérants sont vraiment cool, sous réserve qu'on dépasse le niveau des prestations.

Je change mon fusil d'épaule, je recommanderai avec les réserves d'usage, c'est à dire : "qu'est-ce que vous cherchez ?" 

Moi, j'ai trouvé, déjà, une fois que ma fenêtre a été domptée, c'était mieux.

La déception, c'est un espace clos, rappelez-vous, j'ai fait la même remarque sur ma chambre à Kyoto, plus ou moins le même tarif, pas les mêmes prestations, pas de conseils, par contre il m'avait bien aidé pour ma valise.

Donc avant-hier, quand je suis revenue de la plage, j'ai discuté avec le gérant, oui, en anglais, sans petites roulettes.

Il m'a dit d'aller voir Uchiko, à trente minutes de Matsuyama en train. Ville qui a conservé un cachet et qui est loin des circuits touristiques.

Donc ce matin, rebelote, retour à JR Matsuyama station, je prends un aller-retour pour Uchiko. 

Il est incroyable ce château, visible de partout.



Vous reconnaitrez au passage le M jaune sur fond rouge, je tâcherais de faire une photo des menus, juste pour avoir une idée !

C'est un train classique qui m'emmène, c'est un bariolé qui me ramène.😜




J'adore le street art mais le "train art", c'est un peu nouveau, à Nantes, ils  font ça sur les voitures de tramway.

En cinq minutes, on est en pleine campagne, composée de rizières, de petits bourgs...



On est dans la plaine littorale, c'est le pied des montagnes de Shikoku, donc ils pourraient éviter toutes ces marches.



le riz est juste en herbe, pas prêt d'être mûr, il faut que l'eau soit absorbée. Et si je vous dis que cette terre sent le riz ? Sans rire, c'est pas de l'eau croupie.

J'avais le nez dessus, je vous assure que c'est surprenant cette odeur, ou alors un rice cooker venait de servir ...



Dans chaque gare, un point information touriste, avec des plans y compris en français ici. J'ai pris en anglais, c'est en couleurs.


Beaucoup de fleurs, devant les maisons, dans les rues, j'ai pris des idées mais en France, je fixerais mes contenants pour éviter le vol.


Toujours mon délire de plaque d'égout, j'adore l'idée des motifs ou des émaillages.

Je quitte la gare et je commence à remonter cette rue, celle pour laquelle je suis venue.

Des pourpiers jaunes, je les trouve très beaux, ils supportent le plein soleil et le peu d'eau.



Je ne suis pas encore dans la rue.


La voilà, a priori, rien ne la distingue des autres rues nipponnes que je vous ai présentées.

Les temples poussent comme des champignons, il y en a à chaque coin de rues.




Il y a une cérémonie en cours, j'entends les mantras, je n'avance pas plus.

J'aime beaucoup la façon d'accumuler les plantes dans le moindre recoin : ils sont très pots, comme moi.


On a beau être en basse montagne, les rivières sont vraiment basse, étiage normal ?? Je ne connais pas le rythme des pluies ici, en montagne, il fait chaud et il pleut beaucoup en été, les rhododendrons par exemple aiment ce rythme !



Les habitants font preuve d'ingéniosité : un petit bassin dans une caisse.




Les poissons japonais sont tout petits, trognons ! J'ai le bois pour faire la même chose mais moi, je mets les planches verticalement.




Un autre temple qui fait ashram en plus.





Les voisins de ne se plaindront pas, j'adore les cimetières de ce type. C'est d'un calme.😃



Tout est prévu pour l'accueil des touristes, essentiellement japonais, y compris les toilettes. Je ne teste pas, à la gare, c'est Toto qui m'a accueilli et ça me va très bien.😍

Je sens que vous vous demandez ce que j'allais faire dans cette galère, euh, dans cette ville.

L'office de tourisme me tend les bras, ça ouvre à 9h, l'employée parle très bien anglais et devinez ? Un peu de français, elle est venue en France : Paris, Bordeaux et la Provence. Elle m'a parlé de la canicule et des incendies en ce moment. 

Alors que je lui demande comment aller sur un spot en forêt, elle me dit qu'il faut une voiture, pas de bus, deux heures de route, taxi impossible. Déception, mais bon à savoir.

Elle me sélectionne ce que je demande sur le plan. 

En voiture Simone !

Tout d'abord le musée du commerce et de la vie domestique.


On revient dans le passé, ère Meiji, on est ici vers 1860, tout est d'époque sauf les mannequins.





Une bonne nouvelle ! ! 

J'ai trouvé le meuble que je veux pour mes Petra !😍


La mauvaise ? 

Il est dans un musée au Japon !😭






Je ne suis jamais très fan des dioramas avec mannequins, qu'il lui prenne la fantaisie de bouger, un grand classique des vidéo gag...



Le repas de la famille, l'apprenti ne mange pas dans la même pièce.







Un espace de négociations.


L'optimisation de l'espace : magnifique dessous d'escalier. Parce qu'il a des escaliers, des échelles de meunier 😱



La chambre avec une moustiquaire.



Le jeu de go : un goban et les pierres, l'homme étudie une partie, merci Ikaru no go !








Menu du soir, hier soir, pour rappel, j'ai sept heures d'avance sur vous.

 J'ai compris que pour bien manger, il faut trouver de petits restaurants, loin de tout, c'est pas cher, c'est frais et c'est bon.

Donc je ne compte pas sur Eleven pour me dégourdir les papilles.😂

Quand je vois ce que mange Marie, 😱😭 de la langue de bœuf, j'adore ça, mais pas en été, pas comme ça.

Donc moi, hier soir je me suis décidée sur du frais.


Ça ressemble à des rouleaux de printemps, un morceau de crevette ou de saumon, du vermicelle de riz, des carottes râpées, de la salade.
On ne met surtout pas la sauce fournie, ce serait gâché, c'est pas mal du tout, c'est très frais, avec mon dernier petit concombre.
Alors un truc vu dans un manga, "Black Butler", le majordome fait des petits pains au curry, ça avait l'air super bon, mais en vrai, là, c'est de l'industriel, ça se mange peut-être chaud, j'en sais rien. C'est encore un truc tenté mais que je ne retenterais pas.



En attendant, c'est quand même plus appétissant que ce que mange notre Marie.
J'ai un truc tout prêt pour demain soir, poulet karagé et riz. Ça doit se réchauffer je pense, j' vais tester le micro-ondes.
La dernière fois que je me suis servie de ce type d'appareil, c'était pour réchauffer le biberon de Claude.

Le truc rigolo

Ma musique me manquait, pas d'écouteurs, pas de playlist sur clefs USB, imprévoyante je fus sur ce coup-là.

Paradoxalement, j'ai ici une connexion d'enfer, je me mets youtube en faisant mes articles.

Où est l'aspect comique du truc ? 

Les pubs sont japonaises et les découvertes aussi, de la pop, mais avec un peu de chance par rapport à ma playlist, j'aurais peut-être du métal nippon.

Là c'est la jpop? "sixTones" (ça existe ?) avec les mecs customisés, tous pareils, après c'est Rammstein, pas le même genre 😂



Quelle silhouette ! C'est le fond d'écran du portable du gérant, avec un héron au sommet, il a pris la photo en noir et blanc, il faudrait que j'essaie.

Avec un filtre, c'est moyen, sa photo a dû être prise en noir et blanc.



jeudi 30 juillet 2026

Shikoku dans les années soixante

 Le gérant de l'hôtel m'a prêté deux livres sur la  Matsuyama des années soixante.

On parle en géo des dragons avec l'émergence de ce Japon, productif, moderne dans les sixties...

Sauf que Shikoku ce n'est pas ça, c'est même plutôt "back to future". Ça ne me fait pas rêver du tout, nous à l'époque, c'est les Trente glorieuses, on double son salaire voir plus, on se paie une maison, ici, on travaille encore à la main tout, à la houe, pieds nus dans les terrasses. Le paysage est splendide mais que d'efforts, réduits à rien, par des typhons, des rats.

Un photographe a travaillé sur la vie quotidienne des habitants de cette côte de Matsuyama.

J'ai choisi de vous présenter un épisode parmi tant d'autres.




L'auteur raconte le quotidien des habitants et ce quotidien n'a rien  à voir avec celui de la France à la même époque, ou alors peut-être dans les coins reculés, comme à Decize par exemple...

L'île produit de quoi nourrir ses habitants et il advient que les rats se multiplièrent et dévastèrent les récoltes. Six mille habitants, six cent mille rats mais comme les recensements côté rats ne sont pas très au point, on peut juste imaginer cette marée de rats.


On ramasse les rats morts et on les leur paie 10 ¥ pièce, mais ça ne suffit pas à tuer ces sales bêtes, moi, elles ont tué mes oiseaux en volière, leurs puces ont tué des millions de personnes par la peste qu'elles véhiculent.

L'urine de rat c'est la leptospirose et vos chats ou chiens peuvent en mourir, de la saloperie.

Ça mord en plus, c'est un animal que je supprime sans état d'âme, comme les mouches, leur nombre de victimes est trop grand pour éprouver de la pitié.

C'est intelligent mais à part Ratatouille, ça ne me fait pas sourire, j'ai perdu trop d'oiseaux avec cette engeance.


Ici, il évite une tapette.



Là, il va voler un œuf.

Alors la préfecture a l'idée de faire appel à des dons de chats.
Ils reçoivent des chatons dont l'objectif est de devenir animaux de compagnie et de tuer les rats.




Sauf que ce sont des chatons, et pour l'avoir expérimenté avec les chats chez maman, même des souriceaux peuvent les faire reculer, Illico et Orlane, les persans en avaient peur. Chaminou les tuait et les rapportait, maman hurlait !😂 Oui, la Chaminou qui fait des misères à Slouby, une vraie tueuse de rats !
Il faut des chats rustiques, roublards, habitués à trainer leurs guêtres pour se nourrir, des Thomas O'Malley et pas des Duchesse, ce sont des Marie, Berlioz et Toulouse qui sont arrivés, inutile de dire que ce fut un échec cuisant, certains chatons sont morts.



Comment s'est finie cette histoire ? 
Le plus tristement du monde, les habitants, les jeunes sont partis, exode rural, plus de cultures, plus de rats !