lundi 27 juillet 2026

Thermae Romae vs Yuki ozen

 Dans les trucs que j'avais prévu de faire : un onzen.

Mon programme n'est pas fixe, j'ai gardé sur chaque ville un jour de libre : si je découvre quelque chose hors des grands classiques, je peux sauter dessus.

Réveillée comme d'hab' à 4h, ça laisse du temps pour regarder les cartes, les documents et je vous assure qu'il n'y a pas besoin de beaucoup de japonais pour comprendre.

À Hiroshima, tout est doublé anglais.

La carte gentiment donnée par l'agent municipal samedi m'a rendu de vrais services.

Il y a le château, j'ai fait et adoré, le mémorial, j'ai fait et j'en suis désespérée. Que faire le troisième jour ? ?

Il y a des tramways, donc une évidence je veux prendre le tram !

D'une ville de tram à une autre ville de tram.

Et l'avantage du tram, c'est que pas de déviation, pas en sous-sol comme le métro, c'est sur des rails, vous montez en M09, vous devrez redescendre en M09.

Rassurant ! 

240 ¥ le trajet, par carte Icoca, monnaie, carte bleue... L'avantage de l'Icoca, vous mettez ce que vous voulez dessus, et on peut payer dans des magasins, très pratique pour éviter les frais de transaction.




Le plan du tramway. Il y a un truc en tout petit : Yuki onzen.

Je regarde sur google et je lis un truc qui me donne envie : un/une touriste qui a adoré, personne, tranquillité...

C'est bon, je vais me ressourcer dans un onzen.

Je note tout sur mon plan, si je peux en reprendre un neuf, je le ferais.



Donc, je monte en M09 dans le tram, je descends en M27 et je prends le bus n°4. 



Il y a des receveurs dans le tram, avec des uniformes très années trente, si je dis que ça ressemblait à Tintin et le lotus bleu, je n'étais pas loin, la casquette, la besace, les lunettes rondes, bon, des réminiscences rigolotes pour moi !

Le trajet : tram n°2 pris à Genbaku Dome-mae, direction Hioden-Itsukaichi, puis sortie, c'est au même niveau, pas besoin de ticket (on paie quand on descend, on scanne sa carte en montant puis en descendant)  Hiroden bus  n°4 vers Yuki onzen.

C'est le nom de l'arrêt.

Une petite heure de bus qui va tourner, grimper les collines d'Hiroshima.

La même pour revenir.

Alors est-ce que ça vaut le coût ?

Oh, que oui !😍😍😍

J'arrive et un bus n°4 attend.



 Je demande au conducteur, oui, "Yuki onzen", pas besoin de plus.




Bus à l'ancienne, mais qui s'abaisse pour les personnes âgées et le chauffeur les aide à s'installer.



Le paysage change, très vite, des collines très vertes, une route sinueuse, ça tourne dur, mais ça roule bien : 40 miles/hour et pas 40 km/h...

On est trois dans le bus, je suis la seule étrangère.

On est en montagnes, je ne saurais vous dire la hauteur, moi, Nantaise, ça me paraît très haut, il y a des tunnels, j'aime pas les tunnels, toute cette terre au-dessus de ma tête...

Pour connaître le prix à payer, c'est hyper facile, ils le font pour vous.

Un écran vous dit le n° de l'arrêt où vous êtes montés et vous avez le total avant de descendre.

Moi, je monte en 1 et descends en 27 = 1080 ¥. Fois deux puisqu'il me faudra revenir.


Donc il faut juste connaître ses chiffres...

On n'est plus dans le Japon urbain aimé de certains, on est dans le mien.

Nous, on plante des pommes de terre, eux ils ont une petite rizière, le riz n'est pas encore récolté mais on voit les épis.







Banlieue chic ?



On arrive enfin à Yuki onzen.



Ça fait aussi hôtel, restaurant et onzen. Moi je viens pour découvrir ces bains japonais.



Alors pas de photos de l'intérieur, je vous scannerais la carte, en japonais, j'ai pris, c'est une excellente adresse à garder sous le coude.

Alors, spéciale dédicace, Claude, voici un nid de tes oiseaux préférés, des oiseaux sans pattes...



On vous accueille, les bains ont à l'étage, le responsable de l'accueil m'accompagne vers une machine, pas intuitive entre le pass' 1000 ¥ pour la journée et l'entrée à 700 ¥.

200 ¥ pour la serviette, ben oui, je suis venue les mains dans les poches.

Alors je prends le pass' et une serviette.

Direction les bains : on retire ses chaussures et on met un n° dessus pour pas se tromper.



On entre, bains uniquement féminins. On met ses affaires dans un casier et on met le bracelet autour du pied.

Ils ont été me chercher quelqu'un qui parle anglais pour être sûre qu'il n'y a pas de problèmes.

La question est donc : maillot ? Pas maillot ? Moi, le mien il est déjà rendu à Matsuyama, alors le maillot...



dimanche 26 juillet 2026

Tellement atroce

 8h15, le 6 août 1945, un B29 laisse tomber une bombe sur Hiroshima.

Une seule, "little boy" pour les Américains, LA bombe pour les habitants d'Hiroshima.

Elle explose à six cents mètres du sol et notre histoire a changé définitivement.

Je suis venue d'abord pour ça mais je pensais que les documents exposés seraient de même nature que ceux que j'ai déjà vus, utilisés.

Non, c'est une vraie horreur. C'est aller à Auschwitz sans savoir exactement que ça va être Auschwitz.

Rien de fun, vous entrez sans savoir ce que vous allez voir, les panneaux préviennent mais on voit des gens, des enfants, c'est nous, nos gamins en classe.

Déjà le ton est donné avec le dôme, rescapé de l'explosion, mais c'est du bâti, les émotions sont sans doute moins fortes. L'idée de marcher où 140 000 personnes sont mortes à cause d'une bombe, ça me dérange, beaucoup, peut-être pas le flot de visiteurs mais quand même.






Le reste du bâtiment est consolidé, étayé. Des crétins font des selfies, je ne crois pas qu'ils mesurent ce qu'ont vécu les gens ?



La cloche de la paix, ce mot revient sans cesse dans le nom des rues, des jardins, des sculptures.






On approche du monument aux morts et du musée.



Un peu plus bas, il y a donc le musée du mémorial de la paix.

Pour une fois, ce flot de touristes est important, au début, ça rigole, puis peu à peu les bruits cessent.

On ne prend pas de photos, ce ne serait pas décent, il y a les dessins des enfants, leurs vêtements confiés par leur famille survivante, des objets, comme un tricycle, le petit garçon qui jouait avec avait trois ans, il a survécu neuf heures à la bombe.

Des photos de ces enfants avant, de ce qu'on a retrouvé, les lettres qu'ils ont écrites, des jeunes de quatorze ans qui brûlent.

Certains sont morts tout de suite, d'autres quelques jours, mois ou années après, du fait des radiations : leucémies foudroyantes et imparables.

Une horreur. J'ai le cœur serré parce que la chance qu'on a eu, c'est de ne pas être là ce jour-là, vraiment.

Et l'histoire bégaie, les vœux pieux de paix ...

On devrait mettre ces enragés de la guerre dans une capsule temporelle et les renvoyer à cette heure-là.



Le musée est plein, au moins il sert (peut-être) à quelque chose.

Les témoignages des rescapés, reçus jusqu'en 1987. Ce n'est pas si loin, j'ai 21 ans.

Ils ont fait un diorama et une recomposition de la ville avant/après.

Il doit rester une vingtaine de maisons debout sur une ville comme Nantes. 

Hiroshima est construite sur les méandres de rivières et ce que voulaient les survivants, c'était de l'eau.

J'ai pensé à Würzburg, en 1945, il restait treize maisons debout dont le cloître, Dresden, mais c'était des tonnes de bombes, ici, une seule.

Je vous avais dit : tellement atroce cette heure d'août 1945.

samedi 25 juillet 2026

Deux pôles ce matin, un merveilleux et un dramatique

 Je commence par le plus beau.😍




Objectif le château dans le ciel, non, le château ambulant, non, toujours pas, le château d'Hiroshima, oui, c'est celui-là.

Je ne savais même pas qu'Hiroshima avait un château, je ne la connais que pour little boy ...

Le site est tout prêt de l'hôtel, là encore objectif "pédibus".

Je sais que rien ne sera ouvert mais je pars de bonne heure, pour éviter les troupeaux de visiteurs.





Jolie vue sur le stade de foot d'Hiroshima : Edion Peace Wing Hiroshima, moins de 29000 places (merci Wiki). Il est beau, il est 7h15 et des ados s'y rendent, courage à eux !

Il fait déjà 28°C et je ne regarde pas le soleil.

Le ciel est magnifique, d'un bleu ... 

Pas un trait de nuages. 

Il parait qu'il est tombé des trombes d'eau sur Tokyo, ben oui, j'y suis plus, c'est normal...

Et au détour du stade...



Mes premiers poilus ! Peu loquaces, regard noir, j'ai appelé, le rouquin a fui.

Je fais peur aux petits enfants et aux chats nippons, c'est bien la peine.😗😩

Mais au détour du stade, en plus d'un rouquin trouillard, il y a çà.



C'est le principe du château fort médiéval mais japonais.

C'est une reconstruction post-bombe atomique bien sûr.




Passer cette porte, c'est entrer dans un système défensif à la Vauban.

Dans l'eau, des koïs monstrueuses, des tortues mais pas de grenouilles.

C'est pareil pour les lézards, pas vu un seul, ni un reptile.









Une fois la porte passée, toujours cette esplanade ceinturée par des murs hauts. Mais on n'est que dans la première enceinte.



Il est magnifique.



Eux-aussi.



Un survivant : l'eucalyptus qui a survécu à la  bombe.

Je croyais que c'était un ginko biloba, mais non, je confirme, c'est bien un eucalyptus.




Le miracle c'est qu'il était presqu'à l'épicentre de l'explosion. Lui a survécu, pas les personnes.

On approche de la seconde enceinte.



On traverse, toujours des jardins.

C'est ça qui est surprenant, c'est d'imaginer des soldats armés jusqu'aux dents et après, les transformer en jardiniers avec leurs sécateurs ...





L'entrée côté ville est moins sympa, sauf la bouche d'égout décorée, c'est très chic, j'ai vu ça dans la série "unnatural".😍



La tour émerge du jardin.




Elle est fermée depuis quelques mois, en projet de rénovation. C'est en bois, c'est sans doute moins facile que de la pierre.




Je redescends tranquillement. Il y a peu de gens, pourtant elle vaut le détour.


 Toujours ce jardin d'eau avec son île.



Ses koïs.

C'est un vrai code de composition : c'est obligatoire.

Alors si la tour est fermée, qu'est-ce qui se visite ? Je ne cours pas après mais là, même chose, c'eût été dommage de passer à côté.




Et bien on visite la base défensive, de l'intérieur.



On se déchausse et on enfile les chaussons. On va marcher sur du bois.




Et on ne va pas danser même si c'est lisse et ça glisserait merveilleusement.




Les fenêtres ont bien sûr des noms, équivalents aux machicoulis et autres systèmes défensifs.




C'est étroit mais c'est par ces espaces que les archers tiraient.



L'unité de mesure : le tatami 191 cm x 95,5 cm.



Des maquettes qui présentent le château tel qu'il était au seizième siècle, à la même époque, on n'est plus en période médiévale et on file doucettement vers Vauban.

On sent toujours ce décalage mais avoir été un pays fermé l'explique bien.




Les maquettes sont superbes mais ce n'est vraiment rien quand on voit ça.

Des vraies, interdit de toucher autrement qu'avec les yeux.

Des armures de samouraïs.😍😍😍, non, ce n'est pas le côté guerrier qui me plait, mais les couleurs !





C'est vraiment très beau, quand on sait que c'est une armure, c'est paradoxal, mais c'est magnifique.

Il n'y a pas les armes, uniquement les armures.




Celle-ci est ma préférée, les couleurs, le casque, c'est devenu une œuvre d'art.




Et que dire de celle-ci ? On se croirait avec des coiffes de pharaons, c'est vraiment magnifique.



La tour en maquette et en coupe.

Et je ne résiste pas au parquet.




Des lames larges et ce n'est pas du chêne, il n'y a pas de chêne ici, du cèdre. Lisse comme une patinoire, un plaisir de passer le Cedar© dessus 😂.

On ne touche pas, on résiste !



Un tambour ! Le drummer donnait l'heure avec et s'il ne l'était pas, à l'heure, il était blâmé.

Une chose est sûre, les enfants, mon anglais fait des bonds de géant en vocabulaire parce que je vous l'assure, je lis tout sans portable pour traduire.

Vous connaissez ma relation avec mon portable, c'est d'une extrême simplicité, j'en ai un, éteint dans mon sac ! 😂😂😂