dimanche 2 août 2026

Je quitte Matsuyama

 Je quitte Matsuyama pour Takamatsu, toujours Shikoku.

Il me manquera Kôchi au sud mais je ne pouvais pas deviner que c'était là que je devais aller.

Je me prépare, à tout '

Udon et tempura

 Sur recommandation de mon hôtel, ce midi je vais manger des udon.

Donc le programme, c'est bien petit dèj', marche, marche, marche puis déjeuner.

J'en suis à deux repas et demi par jour, je progresse 😂.

J'aime bien comprendre, donc je retourne au Pronto pour goûter une autre demie tartine à l'œuf.



Voici le plateau pour du "à consommer sur place".

L'antonyme du mot Japon ? Écologie !

Y a vraiment rien qu'y va !

Comment qu'c'est-y que je cause ? (Aggie©) 😂

Non s'en rire, ils emballent et posent sur une assiette qu'il va falloir laver ...

Mayo toujours inutile, le pain de mie est bon même s'il manque de toastage pour moi.

Je reprends un verre de thé, vraiment délicieux, très floral leur earl grey glacé,  j'ai dû les horrifier en demandant juste qu'on en remette dans mon verre, sans nouveau plateau, papier, etc...

Le choc va être terrible quand il va falloir arrêter tout ce plastique.

Vive le verre ! Le verre libre est la solution !

Bon, passons les discours revendicatifs de nos amis verriers et continuons notre balade.

C'est tranquille, être matinale présente au moins cet avantage. Mais mes horaires ne sont pas bons pour le Japon, à 7h30,  8h, il y a très peu de trucs ouverts.

Vous me direz c'est pareil en France.

Mais non, parce que d'habitude, je me prépare pour aller au lycée et à 8h15, on est à pied d'œuvre !

Voyez les rues vides plus bas. En fait la surprise vient qu'il fait plein soleil et que les rues sont encore vides.

On arrive vers midi, je n'ai pas faim mais je voudrais quand même goûter les udon.

Je suis aussi en mission gustative, moi, je remplis mes objectifs.

Oui, Gab, je me ferai un vrai bol de ramen, promis.

Le resto, manifestement, je ne suis pas la seule à avoir eu l'idée un dimanche midi.



Les deux tentures abritent des bancs et une clim' portable, oui, dehors, en plein air. On fait la queue, en fait, on entre on inscrit son nom sur la liste et moi, j'ai le privilège d'attendre à l'intérieur, au frais, 24°C à tout casser.

On attend, on discute, on regarde la carte...

On m'amène à ma table. Choisir, ici on scanne un QR code. OK, le temps que je comprenne, on aura changé de multivers.

Sauf que, et je ne plaisante pas, je ne suis pas la seule à demander une prise de commande papier, et pas que des personnes d'un certain âge, non mais !



Ce qu'ils n'ont pas compris avec ce système c'est que c'est la fin des restaurants. Quid des conseils ? Plats du jour ? Finis !

Serveurs ? Finis, les robots apporteront sur votre table... 

Je ne suis pas contre les nouvelles technologies mais je ne crois pas que des millions de personnes qui travaillent dans la restauration aient décidé de disparaître d'un seul coup.

Je prends ça : udon et tempura.



Mon plat arrive très vite, ça j'ai bien compris, on mange, on laisse sa place surtout s'il y a foule dehors.



L'assiette est énorme, première surprise.

La seconde c'est que c'est un plat froid.

Bon, après tout, il fait chaud ...

En visuel, je peine à identifier les trucs jaunes, pousses de bambou émincées ? Autre chose ?

Omelette ! Ultra fine coupée en lanière, oignons verts, le fameux sachet, champignons noirs, daikon râpé, gingembre râpé, des boules de tempura.




Les udon, grosses nouilles de blé de section carrée, alors Gab, toi qui veux de la mâche, tu serais servi. Elles sont un chtouille plus cuites qu'al dente.

Non salées mais je comprends pourquoi.

La sauce !

Punaise, le fond du plat c'est de la sauce soja !😭

Je vais faire de l'hypertension, les enfants, au retour, ce sera régime melon !




Franchement ? Une fois la surprise du plat froid passée, c'est bon, c'est pas du raffiné mais gustativement très sympa. 

Courge en tempura, c'est top et l'aubergine 😍😍😍 La crevette est une déjà cuite passée en tempura, à la différence de mes précédentes.

Les nouilles j'aime bien mais l'idée de noyer tout ça dans de la sauce soja, ça me dépasse.

Dernier jour à Matsuyama

Et on fait quoi avant de changer de ville ? 

Et bien moi, je me promène.

On est dimanche mais tout ou presque est ouvert, c'est la fête en ce moment, donc pas mal de monde mais uniquement du nippon de bonne compagnie.

Je retourne au château de Matsuyama chercher une pièce pour Claude, je reprends des cartes postales, seconde fournée.

Pour le moment, deux seulement sont arrivées, dont une seule à notre adresse... Heureusement c'est la carte d'anniversaire de ma jeune adulte qui est arrivée, sinon, ça aurait fait un chapitre dramatique dans annales Rousseau. 

Reconnaissez quand même que c'est cool, "bon anniversaire de Kyoto",😍 vous en connaissez beaucoup, vous, des parents qui vont jusqu'à Kyoto pour souhaiter un bon anniversaire à leur enfant ? 😇

Moi pas !😂

Promenade dans les rues, avant que la température me liquéfie de trop.

Je fais le temple au-dessus de mon hôtel, mais côté "jardin", quand je dis qu'il y a des temples partout, il y en  partout.

Et des escaliers, je maudis les nippons jusqu'à plus vie, j'en ai vraiment plein les genoux des marches !😡

Je les compte plus, je ne sais plus compter, ou alors ça devient ma nouvelle unité de compte, marche, marche, marche, je vais en faire des cauchemars.






Quand je dis qu'ils ne sont pas prêt  de me convertir, qu'ils commencent par inventer le rez-de-chaussée de la prière.

Donc, je monte, moi, un escalier c'est aussi un lien qui mène quelque part et j'aime bien savoir où ça m'emmène. Ma curiosité tuera mes articulations.

Et ça mène ? En l'occurrence, ici.


 Puis là.




D'abord, l'eau. Elle coule quand on s'approche, c'est magique ! Surtout pour les moineaux qui en profitent pour se désaltérer à bon compte.





Le style est assez immuable mais ce sont les tuiles d'angle qui changent.

Et là, je me dis que niveau bon sens, le nippon n'est quand même pas très fortiche. 

Il n'y a pas de gouttières, donc l'eau coule au sol et ils plantent en retrait les plantes 😲 que moi, je te les aurais plantées juste dessous ! 😇

Et en choisissant des variétés qui supportent bien l'eau !



C'est très joli mais c'est lié à la présence des arbres, sinon ce serait vide, incomplet.




Des ex-votos, le côté superstitieux, toujours présent. les petites papiers, ce sont les tuiles qui vont s'abattre sur vous, donc on noue sa prévision sur le fil.



 

Bon, j'ai fait mon temple, je redescends vers Dogo onzen, et je valide le fait que c'est vach*** plus facile à descendre qu'à monter, sous réserve de ne pas dévaler la pente ...






Dans le voyage de Chihiro, c'est beaucoup plus grand mais on est dans le monde des esprits.

Ici, c'est pour de vrai et à cette heure, sept heures, il n'y a personne.



La question à huit cents millions de yens, pourquoi autant de décrochements sur la toiture ? 

Je ne fais pas le ménage dessous !

La galerie est vide, on voit mieux le sol, toujours fascinant un sol japonais.

Couleurs, marquages variés...



Le Botchan train, j'ai voulu prendre un billet, il fonctionne le dimanche, hélas, tous les créneaux étaient complets.




Il est parti, c'est dommage, j'aurais dû réservé hier.

Faute de Botchan, je prends le tram !

Et je me promène, je change de lignes pour faire le tour de la montagne au château.





Des passages à niveau à l'ancienne, avec des barrières qui s'abaissent toutes seules, je suis la digne descendante d'une famille de cheminots, chef de gare, garde-barrière, conducteur de train, ferronnier pour la SNCF...














Et là, même pour juste changer de côté de ligne, deux escaliers qui passent sous la voie, à croire qu'ils ont du béton mais pas de peinture blanche pour faire des marquages au sol...

Je descends et je me balade.



Un restaurant où on attend son tour dehors, assis.



La robe est intéressante, elle me donne des idées de customisation aux points de croix.



Un photographe qui surfe sur les JO d'Athènes en 2004.



La honte absolue : on est au pays des satsumas, les mandarines d'Ehimé. En plastique le truc devant la boutique qui vend des jus d'agrumes...





Même le ciel est quadrillé.



Bleu comme l'enfer ce ciel !








J'aime beaucoup cette ville qui est à ma taille, non, je ne suis pas si petite que ça ici !

Non mais 😂😂😂!

samedi 1 août 2026

Le seul musée de la cire du Japon

 Alors un truc improbable parce qu'ignoré par moi en tout cas.

Il y a à Uchiko le seul musée de la cire du Japon.

Quand j'ai lu l'info, je me suis dit : des milliers de ruches ? 

Sauf qu'on n'en voit pas d'abeilles, on entend les stupides cigales qui braillent tout ce qu'elles peuvent, une hécatombe de vers de terre au sol, morts et desséchés, les pauvres, mais pas d'abeilles.

Alors de la cire ?   Mais laquelle ? 

Et bien de la cire végétale, tirée du sumac femelle, de ses fruits en tout cas.

C'est un travail harassant mais qui a enrichi certains habitants de Uchiko.

Cette cire sert aux pastels, au maquillage des coiffes des geishas, des sumotoris ...





La façade de la maison/entreprise.

On voit que c'est une maison bourgeoise, toiture, taille de la façade, tuile ...






Devant, c'est la maison avec les pièces pour la famille, la fabrique est derrière.

Allez, on entre !

Je dors de mieux en mieux, non, je rigole, c'est très ironique, c'est pire qu'à la maison, parce qu'à la maison, je mets un épisode en VO de House, avec sous-titres et je me rendors !

Pas de Netflix© ici ...

Donc je reviens à mon musée, il est conçu comme le musée du commerce avec des mannequins.

La maison devant a une charpente magnifique, des poutres de sept mètres de long, âgées de plusieurs siècles.




Chaque charpentier qui intervient sur la charpente, pour restaurer, ajouter, réparer, laisse sa marque et son nom.





C'est du bois, on imagine les tuiles posées sur le toit en plus. 

Un arbre à chat magnifique ! Remarquez les miens ne grimpent pas dans les arbres, du moins pas dans le cerisier ou prunier du jardin...



Arghhhhhhh ! Mes Petra, qu'est-ce qu'elles auraient été bien dans ce meuble !





Les meubles sont un tantinet massifs, d'où l'intérêt de les rendre plus modernes avec mes poupées dedans.

Comment ça je délire ? Non, mesdames, non messieurs, je recherche une solution à un problème concret : où je range ma collection de Petra von Plasty ?



La cuisinière et les rice cookers. La forme n'a pas changé depuis des siècles, dans les resto, on vous apporte le riz dans des modèles plus petits, de table bien sûr mais avec couvercle en bois, le bois peut absorber l'excès d'humidité.


Toujours cette cour centrale qui organise l'espace autour de lui. Ça rappelle les fermes à cour fermée dans les régions d'openfield, la Beauce je crois que c'est le même système sauf que l'espace central n'est pas vide.



Une curiosité, le jardin n'est pas centré, il est sur le côté gauche, il descend vers les ateliers.

L'escalier vous emmène assez loin, au moins une bonne trentaine de mètres de la maison principale, l'activité est ultra dangereuse, la cire et le feu ne font toujours pas bon ménage.

Du temps des samouraïs, les feux étaient interdits, ils fabriquaient les chandelles ailleurs.


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Au fur et à mesure que l'activité prend de l'ampleur, on ajoute des dépendances à la maison principale.



Voici donc les graines qui donnent cette cire végétale.

J'ai adoré les mises en scène, très claires.




La récolte, manuelle, les hommes grimpent dans les arbres en hiver, quand les feuilles sont tombées et    arrachent ces grappes de petites graines. C'est casse-g*** en plus.


La séparation des graines du reste, tout au fléau, c'est super dur, si vous avez déjà essayé sur du blé, manier un fléau ce n'est pas si simple.


Après le broyage des graines, on chauffe ! Une première fois.



On obtient une pâte que l'on presse, pierre et bois pour écraser ce mélange et obtenir le jus qui deviendra de la cire.



Niveau couleur, on hésite entre le dégueuli de Klingon et de la diarrhée.

C'est verdâtre. Quand je dis que le vert c'est quand même quelque chose !



On blanchit cette première ébauche de cire avec le soleil. La pâte est brassée, arrosée, elle consomme beaucoup d'eau.



Une fois blanchie, le produit est envoyé pour être transformer, en chandelles, en pastels, en maquillage.



Voila ce que ça donne, des paillettes qui pourraient être du savon par exemple.




La phase la plus importante : la négociation des contrats, cette cire a fait la richesse de quelques familles.


Les moules qui reçoivent la version non raffinée de la cire.

Mes deux moules préférés : un rond en grès, c'est lisse, jolie teinte tourterelle, le second reçoit la version blanche, plus pratique à emballer et transporter.





La concurrence existe sur ce type de produits et je ne parle même pas des dérivés du pétrole.




Une cire animale que tout le monde connait et une autre végétale, inconnue à cette adresse également.

Quelques uns des produits réalisés encore de nos jours avec cette cire.


Des chandelles.


Des pastels pour dessiner.


Des cosmétiques, sans compter des gélules mais là, j'avoue que je ne sais pas si c'est la gélule (à la place de la gélatine) ou le contenu qui est utilisé. J'ai pas compris le mot.
Mon anglais médical vient de ce que j'entends chez House, c'est limité quand même ...





Comme on fait fondre au moins deux fois le produit, il faut de l'eau au cas où et plus on le raffine, plus il devient inflammable à mon avis.

Les bougies sont faites autour d'une mèche en bois, pas en textile. 

J'ai trouvé passionnant ce musée, découvrir enfin quelque chose de nouveau, c'est top !😂

Retour à la gare et à Matsuyama.