8h15, le 6 août 1945, un B29 laisse tomber une bombe sur Hiroshima.
Une seule, "little boy" pour les Américains, LA bombe pour les habitants d'Hiroshima.
Elle explose à six cents mètres du sol et notre histoire a changé définitivement.
Je suis venue d'abord pour ça mais je pensais que les documents exposés seraient de même nature que ceux que j'ai déjà vus, utilisés.
Non, c'est une vraie horreur. C'est aller à Auschwitz sans savoir exactement que ça va être Auschwitz.
Rien de fun, vous entrez sans savoir ce que vous allez voir, les panneaux préviennent mais on voit des gens, des enfants, c'est nous, nos gamins en classe.
Déjà le ton est donné avec le dôme, rescapé de l'explosion, mais c'est du bâti, les émotions sont sans doute moins fortes. L'idée de marcher où 140 000 personnes sont mortes à cause d'une bombe, ça me dérange, beaucoup, peut-être pas le flot de visiteurs mais quand même.
Le reste du bâtiment est consolidé, étayé. Des crétins font des selfies, je ne crois pas qu'ils mesurent ce qu'ont vécu les gens ?
La cloche de la paix, ce mot revient sans cesse dans le nom des rues, des jardins, des sculptures.
On approche du monument aux morts et du musée.
Un peu plus bas, il y a donc le musée du mémorial de la paix.
Pour une fois, ce flot de touristes est important, au début, ça rigole, puis peu à peu les bruits cessent.
On ne prend pas de photos, ce ne serait pas décent, il y a les dessins des enfants, leurs vêtements confiés par leur famille survivante, des objets, comme un tricycle, le petit garçon qui jouait avec avait trois ans, il a survécu neuf heures à la bombe.
Des photos de ces enfants avant, de ce qu'on a retrouvé, les lettres qu'ils ont écrites, des jeunes de quatorze ans qui brûlent.
Certains sont morts tout de suite, d'autres quelques jours, mois ou années après, du fait des radiations : leucémies foudroyantes et imparables.
Une horreur. J'ai le cœur serré parce que la chance qu'on a eu, c'est de ne pas être là ce jour-là, vraiment.
Et l'histoire bégaie, les vœux pieux de paix ...
On devrait mettre ces enragés de la guerre dans une capsule temporelle et les renvoyer à cette heure-là.
Le musée est plein, au moins il sert (peut-être) à quelque chose.
Les témoignages des rescapés, reçus jusqu'en 1987. Ce n'est pas si loin, j'ai 21 ans.
Ils ont fait un diorama et une recomposition de la ville avant/après.
Il doit rester une vingtaine de maisons debout sur une ville comme Nantes.
Hiroshima est construite sur les méandres de rivières et ce que voulaient les survivants, c'était de l'eau.
J'ai pensé à Würzburg, en 1945, il restait treize maisons debout dont le cloître, Dresden, mais c'était des tonnes de bombes, ici, une seule.
Je vous avais dit : tellement atroce cette heure d'août 1945.









