jeudi 13 août 2026

J'ai fait le tour du quartier

 Il pleut mais le parapluie est fourni dans la location.

J'ai été au Eleven, tout petit pas grand chose mais j'ai trouvé un marchand de fruits, pastèque, daikon et champignon.

Pas de concombre, des feuilles de périlla, de la racine de lotus, des trucs que je ne connais pas, ça ressemble à du scorsonère, la peau plus claire, dans des sachets avec des copeaux...

Pour ce soir !

mercredi 12 août 2026

Je suis arrivée à Tokyo

 Mon appareil photo a fait la grève du trajet. J'ai pris avec le portable.

Et vous voulez une nouvelle qui me met en joie ? 

Il y a de l'orage, il pleut, je suis sortie avec un parapluie, faut pas faire peur aux Tokyotes tout de suite 😂. Le plus joli des hébergements.😍

Je commence par le trajet, à quoi ça sert un schéma narratif si on ne le respecte pas ?

Alors je monte dans mon train et j'en descends à Tokyo terminal.

Facile.

C'est après que ça peut se gâter.

Lee montagnes fument, des rubans de brume les entourent, c'est magnifique mais à 400 km/h, les photos, bof ! Vous connaissez le cinéma dynamique ? Et bien les Shinkansen, c'est un peu ça ...

Sauf qu'en cours de route, vous le voyez lui, alors pas de chance avec les restes du typhon,  la cime est ennuagée. 




Lui ? 

C'est  Fuji San, volcan endormi, gigantesque, une caldeira presque parfaitement circulaire.

On le voit de loin, impossible de se tromper, il écrase le paysage, vous sentez son impact sur ses pourtours.

Je ne connais pas du tout le milieu montagnard, Tralina pourrait mieux nous dire, mais je pense que Chomolungma doit faire la même chose, ils ne sont pas que des montagnes, des volcans. C'est une empreinte de géant dans nos sols.

Et ensuite on redescend vers Tokyo qui est en bord de mer, même si on l'oublie.

JE SAIS !! J'ai pas mon maillot de toute façon !



 La sortie de la gare : j'ai été immédiatement à l'OdT, toujours d'une très grande efficacité et gentillesse. En donnant l'adresse de mon hôtel, elle me dit immédiatement qu'avec la ligne Z, station n° 10, c'est direct pour l'aéroport d'Haneda.

C'est top, et c'est là que je vois que j'ai encore fait une boulette dans mes résa, la nuit du lundi 17, je la passe où ? J'ai réservé pour mardi soir et je quitte le Grecia lundi matin...

Mais je suis une buse avec le calendrier quand je ne l'ai pas en version papier sous le nez, c'est quand même pas possible !

Après l'OdT, déjeuner, le café de la gare.

Très sympa, pas bruyant, je me suis gavée tout le trajet de métal, ça me calme. 

Oui, je sais, c'est plus bruyant que les cigales mais ça marche, le stress est retombé. Surtout quand l'employée me dit : "taxi? Oui, ce n'est pas très loin." 

Et donc déjeuner, coup de chance ils font les plateaux comme j'aime :



On est sur du menu à 1400 ¥, il y a de la soupe miso, ça je prends tous les jours, tous les repas si besoin, j'adore.


Un bol de riz blanc, de la sauce ?




 Pas mauvaise, pas trop salée, un peu de moutarde de Dijon. Des pickles et surtout du porc : tonkatsu, escalope fine de porc panée. On presse le citron dessus, et du chou râpé fin avec de la salade.

Des légumes ! De la verdure !


Je vous avais déjà dit que dans une vie antérieure j'étais un escargot ?😋

Je les soupçonne de mettre de la barde autour de l'escalope pour la garder moelleuse.

Et si c'est tout simple, c'est tout bon, mangeable et de quoi recharger mes batteries.

Alors, après c'est Taxi !

2400 ¥ de course, soit 13 €, ça va pour être tranquille.

J'arrive devant "l'hôtel", cependant nieta ! 

C'est pas un hôtel, il y a un code que je n'ai pas, et il y a une caméra et ça se met à crachouiller.

Je décline mon identité et je suis d'un calme olympien, il pleut des cordes,  il y a un porche, je ne suis pas mouillée et la pluie est  un stimulant chez moi...

Entre l'orage, la pluie, je comprends des chiffres, je teste, ça marche pas, la touche 5 est trop sensible, on l'effleure sinon deux 5 et j'ai pas besoin de deux 5 ...😂

C'est le plus joli des hébergements qui soit. 😍

Vraiment. Il faudra juste qu'ils envoient plus vite le code.

Je vous fais la visite : c'est valable pour deux, voir trois si l'enfant est petit.

Je suis sur du 260 € les quatre nuits, c'est plus que correct quand on voit ce que j'ai.





C'est tout en longueur, sans fenêtre mais j'ai laissé le rideau ouvert pour le moment.

Le salon, avec des adaptateurs de prises fournis, c'est très pratique, j'en ai qu'un seul, donc le PC, le portable et la batterie de l'appareil photo font la queue.









Les toilettes ouvrent sur le salon mais bon, m'en fiche.





C'est petit mais optimisé, propre ! Mais il n'y a personne.

Cependant LE détail qui tue et qui est imparable pour moi ...




Un tableau, oui, je vous vois venir, atavisme et tout le toutim.

Non, tout est indiqué pour que le locataire trouve ses marques hyper rapidement. Mais le coup du sud en haut et du nord en bas, j'en suis toujours pas revenue !

Déjà, j'ai testé la pluie de typhon, elle est bien la pluie des restes de typhon. Il y a des parapluies de fournis.

Et je suis dans Tokyo...



C'est pas la tour Eiffel, c'est la tour de Tokyo.

Je suis dans LA plus grande ville du monde, oui, et on ne me contredit pas ou je reviens pas.

J'attends... Et je ne vois rien venir, sauf du monde, bruyant ce monde !

J'attends mon Shinkansen. Je vais voler, rail-er, rallier à 400km/h  la capitale nipponne.

Et le Wi-Fi est partout gratuit, c'est donc un sacré avantage quand on est là, j'ai utilisé mes deux cartes e-sim parce que je n'ai pas toujours le réflexe de me connecter en gratuit mais quand on sait, c'est quand même super pratique. Chercher les réseaux disponibles, s'inscrire avec une adresse gmail, valider et c'est bon pour surfer 😂😂😂 dans une gare, c'est a minima original 😂😂

Il y a un monde fou, et tandis que vous vous avez une éclipse solaire moi j'ai un tremblement de terre entre Osaka et ???, mais c'est pas Tokyo, comme quoi, les Dieux ont décidé de m'envoyer visiter la capitale japonaise.

J'avoue que ce n'est pas ma plus grande envie, mais bon, ça va le faire.

Je suis sur la dernière ligne de mon voyage, je sais que certains, dont des très proches n'attendaient que ça, que mes visites aux jardins, dans des musées improbables les ont parfois surpris, ils ont même pu douter de ma santé mentale, si je sais, je les connais ! 

Mais c'est bien mon Japon que je vois, pas celui des autres, celui-là, m'en fiche un peu, voir même beaucoup.

Quand je regarde autour de moi, je vois une foultitude de gens, ils dorment, somnolent, vont travailler, je ne sais pas mais j'aime bien me raconter des histoires.

C'est pourquoi je vous en raconte d'ailleurs.

À la question, est-ce que vous allez pouvoir lire mon carnet de voyage, la version papier ? 

Oui, je peux le scanner et le mettre en ligne.

Vous aurez sans doute besoin de la pierre de rosette pour déchiffrer, j'écris très vite, ma pensée va plus vite que ma main, des lettres disparaissent à la fin des mots, vous verriez mes "S"... J'ai utilisé tous les stylos que j'ai apportés, ceux que j'ai achetés, c'est un très joli mélange de n'importe nawaq, mais c'est aussi l'idée que je me fais de  mon voyage, pas de trucs préconçus, à refaire, il y a des choses que je change mais je suis satisfaite de mon périple, pour le moment, on en reparle dans huit jours.  




Une gare locale, celle d'Osaka station à ne pas confondre avec Shin-Osaka. C'est comme si vous arriviez à CDG et que vous aviez prévu d'arriver à Orly ...
Même genre de problème.
Ah, c'est pas à la gare de Nantes que vous auriez ce souci, une sortie nord, une sortie sud et puis c'est tout ! 😂
En fait c'est plus ça qui m'ennuie, je ne sais absolument pas où est mon hôtel par rapport à la gare où je vais arriver, proche ? Loin, plus de trente km, "tout est possible, tout est réalisable, c'est le jeu de la vie." 
Un truc qui me fatigue, mais vraiment c'est le niveau sonore du pays, tout parle, les caisses, les ascenseurs, toutes les machines parce que les gens c'est complètement autre chose, ils peuvent être mutiques.  Pas de musique, du bruit,  ma stratégie : du métal plein les oreilles et après vous supportez la caisse qui vous dit merci d'avoir payé, d'avoir acheté chez elle ...
Un sketch les caisses des magasins Eleven !😂 
Et ils mangent et je répète tout et n'importe quoi, à ma gauche sandwich type pain de mie avec ??? et à ma droite des onigiris, l'avantage du riz, ça ne sent pas la nourriture.
Ah, le truc des Yamada, si vous connaissez le comics " bienvenue chez les Yamada" : les bentos des gares.




Ce sont des reproductions en plastique des bento (plateau repas), beaucoup trop jolis pour être honnêtes si vous voulez mon avis. Moi, j'attends d'arriver pour aller dans un restaurant, c'est le même prix, voir moins cher et vous voyez ce que mangent vos voisins, ça aide à choisir. 
Là, je vous avoue que toutes ces odeurs de bouffe, ça m'écœure un peu, beaucoup même.
Réveillée à 4 h, levée à 5, douchée et partie à 6h. 
J'ai vraiment remercié le desk, on ne donne pas de pourboire mais un cadeau, oui.
Je leur ai offert des biscuits au chocolat de l'excellent chocolatier juste à côté. 
J'ai goûté, on est dans des tarifs un peu moins cher que Gautier-Débotté, Gerlais, mais la qualité est là, chocolat vendu à l'unité, comptez 300 ¥ pièce, une boîte de cinq, c'est 1600 ¥, ils font également des pâtisseries, très belles, mais du chocolat sans fruit, frais ou secs, c'est quand même dommage, la framboise et le chocolat, c'est une très belle histoire et que dire de l'amande grillée caramélisée dans un brownie, je connais quelques amateurs de brownies...
Bref, tout ça pour dire que le pays s'occidentalise et l'idée du cadeau, juste pour dire "je suis contente d'avoir eu affaire à vous"  fait son chemin.
J'ai croisé les deux équipes de nuit, le fait de se lever très tôt, comme eux en fait, font qu'ils sont sans doute plus à l'écoute, ils comprennent mieux vos besoins, vos attentes. C'est pas "je fais juste mon travail", ce n'est pas vrai ici. 
Parce que quand vous annoncez que le métro ça risque d'être compliqué, le réflexe serait de dire :" ah et bien dommage mais il n'y a que ça", sauf que pour moi, ils ont cherché des bus, des trajets, m'ont tout écrit.
C'est professionnel et tellement rassurant. Donc des biscuits pour remercier, ce n'est pas cher payé.  

Mon dernier déjeuner à Osaka

 Je sais ce qui ne va pas dans la cuisine nipponne !

Ce n'est pas qu'ils ne savent pas cuisiner, à voir, ils ne savent pas assaisonner !

La preuve ce midi.

Près de mon hôtel un pseudo italien. Je me dis que pour rater des pâtes, il faut y aller.


Un "consommé" volaille, un bouillon cube, c'est chaud, ça passe tout seul.



Une petite salade très sympa, maïs, gombos.




Et mon assiette de spaghetti : poulpe, champignons. Sauf qu'il y a tellement de poivre concassé que je n'ai plus que ce goût en bouche et en plus, ça me brûle.

Je mange le poulpe qui était très bien cuit et j'essaie de manger les pâtes.

Mais c'est pas possible, ils ne savent pas assaisonner, trop salé, trop poivré, trop sucré.

Ils auraient bien besoin qu'on leur apprenne les fondamentaux, à savoir, identifier ce qu'on mange au goût. Le poivre est là pour souligner, pas pour prendre le pas, j'ai pas pris des spaghetti au poivre.

Sorry, but sorry, c'est raté ! Pour manger chinois, il n'y a pas ce type de soucis avec la cuisine chinoise.

Chine 1, France 1, Japon 0, niveau cuisine on ne joue pas dans la même cour, là, c'est prouvé.

Mon dernier jour à Osaka

 Demain, jeudi, j'affronte le monstre.

Trente millions de personnes, dix fois Paris, des lignes de trains, de métros ...

Bref, demain je file pour la fin de mon voyage sur Tokyo.

Pas enthousiaste du tout, juste quand je commençais à maitriser les transports souterrains d'Osaka...😓

Donc pour me préparer, direction le quartier populaire, touristique et festif d'America Mura.

C'est à deux stations de métro de mon hôtel. 



Il pleut ! ! Un crachin tout fin et chaud, c'est génial, bon, le nippon de base a immédiatement échangé son ombrelle anti-UV contre un pépin anti-humidité.

Moi, je profite, la seule chose, j'ai investi dans un paquet de zip lock pour protéger mes affaires dans mon sac.

Mon passeport voyage avec moi dans un sac en plastique depuis le début, au cas où.

Quand tous les feux passent au rouge !




La sortie du métro. Un mélange improbable, de fils électriques, de gratte-ciels, d'écrans publicitaires.



Spéciale dédicace pour Rachel. Philip Morris t'offre un lieu pour t'empoisonner les bronches !






Habillé par des ipomées toutes rafraichies par la pluie.



Je n'en ai trouvé qu'une aujourd'hui et c'est pas faute d'avoir cherché !

Il n'y a pas que les plaques qui jouent au street art, il y a aussi les lampadaires.








Si les lampadaires sont sympas, il n'y a pas de grapheurs qui sortent de l'ordinaire. 


La place centrale de ce quartier animé.


Les employées municipales nettoyaient la place, ça picole dur et comme il n'y a pas de poubelles et bien ça reste par terre !

Je ne résiste pas à vous montrer mon camion préféré : pour les cartons uniquement !



Ça doit être sympa à conduire.

Un quartier que j'ai arpenté dans tous les sens, musique à fond dans les oreilles, je me prépare, je me prépare !

Et mon musée de la charpente ?

 Impressionnant.

Ça peut paraître curieux d'aller voir ce type de musée, mais quand on voit les toitures, pour moi en tout cas, c'est une évidence.

Je n'ai pas mes explications, le musée présente le travail du bois au Japon depuis le néolithique, les influences chinoises puis extérieures.

Une collection d'outils intéressante. J'ai pas mal travaillé le bois, que ce soit volontaire, ma première volière, mes rayonnages à livres ou contrainte quand il fallait aider à refaire les bordages du voilier de mon père.

Le bois est un matériau fascinant, odeur, forme, origine. En fonction du bois, on obtient des résultats différents.

Alors mon musée.






Voici l'entrée, rien ne l'indique, il faut s'approcher et ça s'ouvre tout seul.

Très paradoxal, un musée en verre et en métal pour présenter du bois.



Une hache en pierre. Il y a à chaque fois un écran et une vidéo qui montre l'usage de l'outil, en français, on choisit la langue.

Alors je peux confirmer, ils ont bien coupé un tronc de résineux de 45 cm de diamètre avec et pas en cent dix ans, non, en quelques coups.

Bon, il y a obligatoirement le savoir-faire mais je me disais que sur du chêne, ce serait peut-être pas la même chose.

Il y a des outils mais surtout des photos.




Très grandes et en noir et blanc, ce sont des restaurations ou des bâtiments originaux.

Chaque restauration se fait avec les ouvrages des concepteurs.



Une maquette à l'échelle, mais quel travail, on est au VIII ème siècle, ça fait quand même beaucoup d'années et ça tient encore.

Les incendies répétés puis les bombardements de la seconde guerre mondiale ont bien abimé ce patrimoine, mais il y a les notes, les carnets des charpentiers et donc on refait comme eux.







Le bois c'est toujours chaud au toucher, c'est assez facile à travailler, attention, je ne parle pas de faire des toits en pagode, mes étagères à livres ne sont pas toutes d'équerre, loin s'en faut mais c'est moi qui les ai faites.



Alors un truc super joli et pratique, ce sont des fils à encre, pour tracer des traits droits, le fil se déroule quand on tire dessus, on le claque sur le bois et le trait est marqué.

Plus l'encrier est sophistiqué, plus le charpentier est réputé (et cher), si j'ai bien compris.



Toujours cette influence allemande pour le montage en tenons et mortaises, des tire-fonds en bois, des chevilles en fait.








La mondialisation ne date donc pas d'hier, les routes de la soie, des épices, des techniques.

Tout le prouve.

Et pourquoi je suis intéressée ? J'imagine très bien une pergola en bois sur ma terrasse à la place du parasol...😍

Oui, je sais, je rêve...😖


Un arbre à chat de compète les enfants !




La composition des murs, une structure en bois légère comblée par du torchis.



Un treillis d'éclisses de ? Bambou ? Il s'agit de portes coulissantes intérieures, mais le secret c'est qu'en fonction de sa position, la couleur change, le motif change. C'est bien un paysage de montagne !😍



L'intérêt de structures légères dans un pays de séismes ? 

Vous n'êtes pas scrabouillés quand ça s'effondre.




Là, il suffisait de lever la tête, toujours pas de vis, de clous. On emboite, c'est le casse-tête chinois !


Ce musée est conçu en creux, on descend dedans, petit de l'extérieur mais beaucoup de volumes à l'intérieur.
L'extérieur vaut aussi le détour.







Alors, moi le jardin zen c'est pas du tout mon truc, ratisser tous les jours pour faire les courbes, des trucs et des machins, très peu pour moi.



C'est tout petit à l'extérieur mais on ne s'en rend pas compte, un très beau musée des arts et techniques.