samedi 18 juillet 2026

Le jardin de Kenrokuen

C'est d'abord pour lui que je suis venue. Ce serait quand même dommage de passer à côté.😇

Alors ce parc est considéré comme un des trois plus beaux du Japon.

Mais pourquoi donc ?

Les arbres.

Oh, je vous vois venir : faire plus de dix mille km pour des arbres, vous n'y croyez pas trop ?

je vous assure que j'ai fait des choses bien plus curieuses pour voir des plantes, des animaux...

Bref, jetons un voile pudique sur ces km inutiles selon certains et concentrons nous sur ce parc.

Déjà il faut le trouver, avec des plans qui indiquent le nord à gauche... 

En sortant du parc du château de Kanazawa, prendre à gauche...

Non, je rigole, 😂, on suit les panneaux de la mairie, c'est toujours plus sûr ! Mais pour ma porte c'était à droite.


Une allée de quelques centaines de mètres conduit à ce parc.

Rhododendrons, hortensias, moins beaux que ceux de Françoise, j'ai la preuve et des statues de bronze jalonnent cet espace calme alors qu'on est en bordure de boulevard.


Les taches bleues sont des hortensias bleus, petits joueurs, allez voir dans le Finistère, ça c'est du bleu.

Petite remarque : les statues de femmes sont nues... Celles des hommes, une feuille, un slip cachent pudiquement leur "honneur"... Oui, on a bien compris, le corps des femmes on l'expose comme on veut mais les mecs...

Machos à la petite semaine.😡

On arrive dans le parc, l'entrée c'est 300 ¥ avec un joli ticket qui est déjà collé dans mon tour du Japon.

Petit conseil : on monte au point le plus haut pour redescendre. C'est un labyrinthe ! Et pour voir ce que vous voulez, il faut chercher.

J'ai ! 

J'ai transpiré tout ce que je pouvais, remarquez l'avantage de la transpiration, et non, Claude, je ne pue pas, ça vous évite les pauses pipi.

Parce que les toilettes à la turc, non merci !

Or dans les lieux comme ça, c'est à l'ancienne même s'ils installent des versions dites "western" c'est à dire occidentales ! Avec les chaussons devant la porte, oui, ici aussi on se déchausse pour entrer dans le musée.

Donc ce jardin est célèbre pour plusieurs éléments.

Commençons par la lanterne.



Le niveau de l'eau est un peu bas, je pense que certaines pierres devraient être dans l'eau, ça se voit à la composition.



L'arbre est splendide, torturé mais étayé, le travail qu'il y a pour obtenir cette forme et cet équilibre.


Si on regarde au loin, sur les collines, les maisons modernes, la ville de Kanazawa s'étend. Mais là on est sur un îlot préservé, du monde moderne mais pas des touristes, il y a du monde, Chinois, Allemands...



 Je fais le tour et la perspective change, le jardin change.

Moi je suis une fan absolue du jardin anglais où tout est en courbes, faux semblants.

Ici tout est millimétré pour obéir au regard. C'est déstabilisant comme vision du jardin.

L'idée ne me plait pas mais le résultat oui, oh que oui. En plus le choix des plantes fait qu'il arbore des couleurs différentes en fonction des saisons.

Cerisiers, azalées, érables, hortensias...


La branche frôle l'eau, elle est soutenue par des piliers de bois. Par une eau transparente et calme, sans risées, ça fait miroir.



Une île pas au milieu, dans un coin.



Des poteaux pour soutenir les branches.


Le travail est long mais quel résultat.


Vous commencez à comprendre le principe ? On n'est pas dans un jardin zen, du tout, là on est dans la  recherche permanente de nouvelles vues en fonction de son placement.

Et je vous assure que ça se joue parfois à quelques cm.


Espace ouvert vers le ciel.


Espace fermé, rideau ! J'ai avancé d'un mètre cinquante.

Ce qui me fascine c'est que pour tout ce travail, il n'y a pas de garantie de résultats, les troncs peuvent ne pas s'accorder, les verts, même chose, le rendu peut-être moche...





Regardez les élingues c'est pas du 3mm, non c'est du sérieux, les arbres se tiennent entre eux. 


La plus ancienne source connue du Japon. Elle alimente les bassins.


Une lanterne de pierres, classique désormais dans ce type de jardin.





La maison de thé, commerce lucratif manifestement.


Ça c'est proche du restaurant qui est dans le parc.

Le musée n'autorisant pas les photos, y compris du jardin intérieur, je ne peux pas vous le montrer mais il est vraiment sympa, trois tampons en plus pour bibi 😂

Il y a quelques kimonos de la famille de Kanazawa, et bien je peux vous dire que les femmes n'étaient vraiment pas grandes au XIX ème siècle !

Des toitures soit en tuiles vernissées, des rondes, demi-rondes, soit des éclisses de bambou, c'est un très beau travail de restauration qui a été entrepris.

Et donc je sors.

Sans faire très attention, il est 11h, il fait une chaleur à tuer une touriste nantaise habituée à son petit crachin breton...

Je longe, je longe et j'arrive à un bâtiment moderne, vérifications faites, je suis exactement à l'opposé de mon point de départ.

On ne se décourage pas, le parc et le château sont circulaires, le principe du cercle c'est qu'on n'en voit pas le bout.

CQFD !

Je remonte mes traces et je contourne, franchement fait chaud, mais j'ai de l'eau, de l'eau et du citron, vive les distributeurs de boissons fraîches à 130 ¥ !

J'ai dû faire une quinzaine de km à pied, mais tout à coup, je vois quoi ? 


Le lion du parc de l'école !

Sauvée par le lion ! Mon point d'ancrage a fonctionné, c'est comme sur un PC : point de restauration système.

Je l'ai drôlement méritée ma douche !

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