samedi 8 août 2026

Et donc qu'est-ce qu'on fait quand on est déçu ?

 Et bien on va voir quelque chose qui ne peut pas vous décevoir.

Au nord d'Osaka, il y a le parc Minoh, réputé pour une cascade au fond d'une forêt.

Une forêt pour se remettre de sa déception gustative, no problem, il faut juste y aller et en revenir.

Ce matin, à 6h, je suis au desk avec l'équipe de nuit, ils sont super gentils et très efficaces.

Alors celui qui parle français a très bien retenu que le métro c'est une histoire d'amour impossible sauf à être très clair.

Avec sa collègue, ils m'ont fait un mode opératoire aux petits oignons, se perdre pour y aller, c'est de la mauvaise volonté.

Gros challenge toutefois: je vais enchaîner, pieds, métro, pieds en sous-sol, train  et train.

Dit comme ça on se dit, ouais, elle exagère...

Deux changements, c'est que dalle ...

Venez voir la ville sous la ville et vous comprendrez mieux.

Là, je viens de comprendre que le nom de l'arrêt quand je reviens n'a pas d'importance, c'est le nom du quartier qui apparait et pour savoir dans quel sens prendre, il faut chercher le nom de ce quartier, de 1 à 16, c'est dans un sens et de 17 à 30 c'est dans l'autre, moi, c'est 17. 

Je suis bien rentrée pour ceux qui s'inquiétaient.


Derrière mon hôtel, je passe devant cette maison ?



L'entrée du métro est cette fois dans l'immeuble.

Je prends donc mon métro à l'arrêt Yodoyabashi, ligne Midosuji, il y a quatre autres fournisseurs sur les métros d'Osaka, moi, je suis ce fournisseur. Je descends à Osaka-Umeda, je traverse la gare souterraine en diagonale en suivant la ligne Hankyu, je monte dans le train direction Ishibashi Handai-mae et une fois dans ce train, je descends pour prendre le train pour Minoh, terminus !

Pourquoi c'est si complexe ? Parce que les lignes de métro sont toutes en concurrence,  à chaque arrêt, la madame du train vous remercie d'avoir choisi la Hankyu line...

En attendant, en une demie heure, c'est plié, je suis à la gare de Minoh, reste à trouver l'entrée du parc.



D'accord, la gare est petite, mais l'OdT ouvre à 10 h, il est 7h et des brouettes, je vais pas attendre.

Et coup de chance, près du poste de police, il y a une carte.



La gare est au point de départ du parcours.

La suite  après le dodo... Comme tatie Véro me connait par cœur, deux heures de dodo et hop, en forme.

Donc le chemin vers la cascade cachée commence par trouver de l'eau.


En voilà déjà, canalisée mais bruyante.


Qui dit cascade, dit chute, dit hauteur, dit "tu vas encore crapahuter !".

Tous les chemins nippons me conduisent à des marches, des rampes...

Soit j'ai un karma qui ne revient pas au Dieu du rez de chaussée, soit il est dit que le Japon n'est pas un pays plat.

C'est plutôt ça...😂

Toutes les personnes qui me doublent, courent, sont vêtues de tenues sportives, même les mamies. 

Moi je suis en claquette et en robe, je marche à l'allure d'un escargot de retour de nouba, mais toujours un pied après l'autre.

J'ai le temps, je me balade.






Et je choisis toujours le chemin de gauche, sauf qu'il grimpe un peu plus.


Un panneau qui indique clairement le chemin et les distances.

2,4 km pour y aller, la même chose pour en revenir, vous ne croyez quand même pas que je vais courir ?

Je ne cours déjà pas pour attraper un bus, un métro, un train, alors une cascade...

Elle sera toujours à la même place quand je vais arriver.😇

Moi, je profite, de l'ombre, des paysages, de la fraîcheur même si je dégouline, il fait encore 34°C. Le chemin grimpe mais les paysages sont magnifiques.

Reposant, le bruit des cigales progressivement diminue, c'est d'un calme.

Et puis il y a les arbres.

Sauvages, non domptés, ok, mais ils en remontrent tous les jours aux autres, ceux des jardins.

Je crois que les "plum trees", utilisés dans les jardins japonais sont des mélèzes.



La montagne est orientée à l'est, je sens que ça va être une partie de plaisir de photographier.












Et bien, non, aucun souci, ils veulent eux-aussi leur heure de gloire.

Les gens montent, marchent, courent vers la cascade et ne voient même pas ces merveilles de la nature.

Trente mètres de ligne droite ! On pourrait croire que c'est fait exprès, mais les plantations réalisées sont des érables qui virent au rouge à l'automne.

Alors quand j'étais petite, j'adorais grimper aux arbres jusqu'à ce que je tombe et me casse la clavicule, franchir un gouffre sur un tronc tombé, façon Indiana, quel plaisir !

Bon, je ne tente rien, les fleurs coûtent cher de ce temps...





Le chemin se poursuit, je croise des chiens, tout petits qui dorment dans leur poussette quand leurs maîtres avancent...

Pour maintenir l'attention, des ponts ont été aménagés.




Toujours cette élégance, le mélange de lignes droites et torturées.






On croise un temple, un de plus.




Des maisons sur la berge, d'auteurs, de marchands de souvenirs, ...



Un minuscule food struck qui passe.

Quand on arrive c'est magique, mais la présence de bancs, de pas mal de monde déjà est un peu pénible.

J'avoue avoir espéré une chute dans l'eau avec tous ces selfies, mais même pas ! 

Quel dommage 😏

Pas bien, Isa..











C'est superbe, c'est pas Niagara, mais c'est une très belle chute d'eau dans un écrin vert en ce mois d'août.

Il sera rouge d'ici un mois, un mois et demi.

Je suis assise, une heure.  Ce qui me sidère ce sont les joggers, ils arrivent, soufflent, s'étirent, jettent à peine un zieu et repartent.

C'était bien la peine de courir pour arriver là.

Il est 9h30, les gens commencent à arriver, moi, j'ai vu assez de monde pour le moment, je prends mon sac et je repars mais je change de rive.

Pas bête, je verrais autre chose.

Déjà je vois cette petite dachhund, LE chien rêvé de Claude, tous les pilotes de F1 en ont, mais Claude, tu n'es pas une pilote de F1.




Celle-ci se nomme "Happy" et ne suit des yeux que sa maîtresse ! 

Et comment que je sais qu'elle se nomme "Happy" ?

Ben, il suffit d'écouter, même le nippon choisit des noms classiques pour son chien.





J'ignore le nom de celle-ci, le maître n'a pas ouvert la bouche, moins facile de lire les pensées...


Et en redescendant, le paysage change, le soleil a tourné, les verts sont encore différents.













Et tout à coup, un attroupement sur le bord de la rivière, non, ce n'est pas un chanteur quelconque de jpop.

J'ai la chance de voir en vrai un monstre de manga : une andrias japonicus.

Ça a tout de suite plus de gue* en latin.

C'est donc la salamandre géante japonaise.




Ça a la couleur des cailloux, ça veut ressembler à des cailloux, mais c'en est pas !

Une dame a pris une vidéo, on la voit sortir de l'eau puis se lover contre le bord de la pierre.

C'est très gros, rien avoir avec les salamandres françaises noires et jaunes.

C'est là que le latin est super pratique, un monsieur, sans doute très connaisseur des espèces me sort le nom latin de la petite française et m'explique en anglais que cette rivière en a plusieurs, des géantes.

Cet animal devient rare, la qualité de l'eau ne peut pas être un détail, c'est vraiment une question de vie ou de mort pour cette espèce.

Je suis très fière d'avoir partagé un moment avec mes hôtes nippons.

Avant la fin de ma balade, je fais un arrêt, deux en fait.

Ramen vs Isa = perdante Isa !

 Je fais confiance à la pharmacienne et je suis persuadée que pour elle c'est un bon resto à ramen.

On s'inscrit, seule, l'index levé, vous avez plus de chance de passer avant les duos ou plus.

Comptoir, face galerie, entre deux personnes qui slurpent leur bol gigantesque de ramen.

Je commande : ramen avec supplément légumes, menu avec un petit bol de riz, six petits gyoza et donc des nouilles avec des légumes.

Déjà, l'odeur me rappelle de vieux souvenirs de cantoche assez dégueu ou d'EHPAD.

Ça sent le chou. J'ai rien contre le chou ou les choux, j'adore SAUF  en soupe. Comme Marie, c'est cause de déclenchement de troisième Guerre Mondiale, de divorce, ah, non pas divorce, toujours pas mariée...


Mon premier riz sec. Les gyozas, c'est du surgelé, les mêmes que j'achète. La différence, c'est la taille, ils sont petits, goût classique, pas de différence, c'est bien la peine de faire 13 000 km pour les goûter.




Le bol de ramen, avec du porc, de la poitrine, une tranche fine de type rôti. J'ai pas pu manger ça. C'est une soupe aux choux avec un bouillon tellement gras que j'étais regardé par  des centaines d'yeux. Salé, et le supplément légumes c'est de la côte de bette et du chou.





Non, c'est pas mangeable, je sais que je suis difficile, mais quand je mange au Myoko mes ramen ont un bouillon léger, dégraissé sans ce vieux goût de porc qui a trainé vingt ans dans la gamelle et surtout pas de choux ! 

Mes ramen nantaises ont des pousses de bambou marinées, des œufs marinés : œufs mollets marinés dans de la sauce soja mais ce n'est pas salé comme là, de l'oignon nouveau, je prends avec coriandre et basilic. Pas de porc en tranche, la viande a servi à faire le bouillon mais rien à voir. Les enfants prennent d'ailleurs plutôt du poulet.

Donc j'ai mangé les gyoza, un peu de riz, un peu de légumes, les nouilles trop al dente pour moi, et ce goût de bouillon gras, beurk !

Désolée, Gab, mais je ne retourne pas dans le snacking, c'est pas bon.

Je vais rester sur ce qui a fait ces preuves, des menus avec des soba, des udons, du riz, des tempura... Du bon !

Alors pour satisfaire la curiosité des enfants

 Chez moi, on mange souvent asiatique, chinois, vietnamien, japonais.

Je suis donc à pied d'œuvre pour rapporter des idées et des techniques.

Je suis mandatée par le cuisinier de la famille.

Pour faire simple, j'ai pris des photos.

Osaka est sensée être le berceau de la cuisine de rues sympa.

À vous de voir.










Moi ce que ça m'inspire ? 

Le niveau zéro de l'envie, trop de choses sur une carte, c'est pas du frais, si c'est du surgelé, donnez-moi la marque, je ferai pareil.

Le truc dans ce quartier c'est le bœuf wagyu et les sushis. Déjà je ne mange ni l'un ni l'autre.

Bon objectif ramen

Comme mon ampoule sur le côté extérieur de mon pied devient moche, direction pharmacie pour acheter du désinfectant. 

J'en profite pour demander où manger des ramen, des bonnes.

Direction le sous-sol, la galerie gigantesque du métro parce qu'il y a le quartier en plein air, dans les immeubles et aussi sous les rues !

Donc je vais vous parler ramen, les yeux dans les yeux.


Le personnage du quartier

 Pour l'exposition 2025, Osaka a utilisé ce "personnage".



Quand je dis que ça picole dur, la preuve, ils voient des créatures bleues à cinq zieux.

Un truc qui m'a fait rigoler : l'équivalent d'une Fiat 500, customisée.


 Un magasin qui vend des fruits. Oui, on en trouve mais de quelle planète, ça c'est autre chose.



Non, je n'ai pas grossi les pommes, chacune doit peser pas loin de son kg, je ne vois pas trop l'intérêt d'avoir des pommes grosses comme des melons, autant manger du melon...

Je continue le jeu des plaques

 Alors je dois dire que c'est le truc assez addictif.

Ça se mange pas, ça se boit pas, ça ne s'achète pas mais qu'est-ce que c'est fun de les chercher.

Elles ne déçoivent jamais, du moins pour le moment.

Deux types, la classique qui présente le patrimoine de la ville et les spéciales, liées aux quartiers je dirais.

Un jeu je vous dis !


Ma première rectangulaire : c'est une représentation du quartier, les rives de la Dotombori.



Le château d'Osaka.



Une version colorisée, assez pâle.



Alors là, gros dilemme, une plaque magnifique en plein milieu du passage piétons, j'ai pas pris, j'ai pris celle du trottoir, moins belle.



Elle venait d'être passée au jet d'eau, j'adore les détails, c'est du street art et moi, j'aime le street art.😍



Je pencherais pour une plaque de sous-sol électrique, pas d'égout, il n'y a pas les trous pour soulever.



Dans quel autre pays on pourrait avoir Woody Woodpecker sur une plaque ? C'est le quartier de Namba.




Celle-ci c'est une petite mais j'aime bien la stylisation du motif.